Amour et amitié

Christine Abels-Eber, membre associé de l’IISC

Eugène Enriquez, Psychosociologue, Professeur émérite à l’université de Paris 7, auteur de Désir et résistance : la construction du sujet, 2011, et La construction amoureuse. Dérade sur l’amour, (à paraître). Anne Vincent-Buffault, Historien

13 janvier 2012

La place de l’amour et de l’amitié dans nos vies paraît essentielle. Il en va de même dans l’histoire et dans les autres sociétés. Nous interrogerons leurs formes et leurs places en essayant de définir leurs différences et leurs convergences.
Une politique de l’amour et de l’amitié ouvre les territoires de l’utopie avec ses espoirs et ses illusions. La conversation amicale ou amoureuse nous rend meilleur et est au centre de l’expérience morale. Elle nous permet de construire les formes de la réciprocité en cherchant à sentir en commun et à trouver notre voix, à choisir nos engagements dans la vie ordinaire.
Conflit entre les sexes dans l’amour, rupture en amitié vont nous permettre de penser la crise dans nos plus importantes relations. Piment ou poison, la confrontation amicale et la dispute amoureuse seront évoquées.
Pendant longtemps l’amitié est apparue plus riche que l’amour : l’amitié permet l’excellence et soude les alliances, alors que l’amour est à réinventer à chaque moment. Finalement l’amour passionné ou durable semble avoir gagné la partie. Mais nous sommes peut-être dans un moment de basculement. A moins que priment des relations sexuelles et amicales sans difficulté ni conflit, qui nous reposent de nos « difficultés relationnelles »…
L’imagination qui transforme le sexe en Eros sera convoquée (au moyen de la littérature, de la poésie, et de la peinture) pour saisir la part sublimé de l’amour et de l’amitié qu’il importe de réactualiser. La sociologie clinique, en tant qu’elle vise à élucider les rapports humains dans leur complexité et à mettre en lumière les conflits, les contradictions, les bouleversements qui leur sont inhérents, est en mesure d’apporter un regard neuf sur l’amour et l’amitié qui sont au fondement de l’existence et de la dynamique socio historique.

La honte, enjeux sociaux et sexuels

Emmanuel Gratton, Maître de conférence à l’Université d’Angers. Vincent de Gaulejac, Professeur à l’Université Paris-Diderot.

Annie Ernaux, écrivain, auteur de « La honte » (Gallimard, 1996). Didier Éribon, Professeur à la faculté de philosophie, sciences humaines et sociales de l’Université d’Amiens auteur de « Retour à Reims » (Champs essais, 2010)

23 mars 2012

La honte concerne l’ensemble des registres de l’existence: le corps, la sexualité, la morale, la vie sociale… mais aussi l’identité dans ses aspects personnels et sociaux et dans ce qui constitue l’humanité qui réside au fond de chaque homme. «Ce qui apparaît dans la honte c’est l’impossibilité radicale de se fuir pour se cacher à soi-même…La honte ne révèle pas notre néant, mais la totalité de notre existence.», écrit Levinas. La personne est concernée dans sa «totalité». Tous les registres de sa vie sont touchés : sa subjectivité, son intimité, ses croyances, ses valeurs, mais aussi ses relations, sa famille, sa culture jusqu’à la société dans laquelle elle vit. Les différents aspects de l’identité sont bouleversés.
Nous proposerons aux intervenants d’explorer ces différentes facettes de la honte. La discussion portera plus particulièrement sur l’intrication des registres sociaux et psychiques dans la genèse et le développement du sentiment de honte. Comment, dans l’histoire de vie, le sujet est confronté à la honte en fonction de ses origines sociales et/ou de ses orientations sexuelles

Les constructions des masculinités aujourd’hui

Vincent de Gaulejac, professeur, membre associé de l’IISC, et Emmanuel Gratton, membre associé de l’IISC et maître de conférence à l’Université d’Angers.

Christine Castelain-Meunier, sociologue, maître de de conférences à l’EHESS, membre du CADIS, Eric Verdier : psychologue communautaire, formateur à la Ligue française de santé mentale, Laurent Jeanneau : formateur biocentique et animateur de stage

11 mai 2012

*Les questions de genre touchent le champ de la sociologie clinique puisqu’elles concernent les rapports de domination qui s’inscrivent aussi bien dans le champ social que
familial, se construisent tout autant dans la sphère publique que privée. Ces constructions se nouent à travers l’histoire des sociétés, la trajectoire des groupes sociaux et
l’itinéraire personnel.*
Les masculinités ont aujourd’hui cette double facette, d’apparaître toujours sous le sceau de la domination, et de s’avérer simultanément vulnérables (prévalence aux suicides, aux conduites addictives, aux conduites à risque, à la violence, à la délinquance…) comme si sa force masquait en fait de multiples faiblesses. Différentes démarches sont entreprises pour percer « le continent noir » de la masculinité aujourd’hui, et entreprendre un dialogue sur les questions du genre en rapport avec les études féministes et queer.
Cette journée d’étude a pour objet d’explorer les différences faces du masculin et de mieux comprendre comment les hommes se construisent aujourd’hui dans notre
société, dans les liens de filiations, dans les liens inter-genres, dans la sexualité, dans
l’homosocialité…

Les violences faites aux femmes : Un fait de société

Christine Abels-Eber, membre associé de l’IISC, et Ginette Francequin, Docteur en psychologie clinique et sociale, HDR en sociologie clinique.

Françoise Brié, Directrice de l’ESCALE, association qui accueille les femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants, et Vice-présidente de la fédération nationale Solidarité-Femmes. Ana Maria Araujo, Professeur de sociologie et sociolog

18 novembre 2011

Violences conjugales, viols et agressions sexuelles, violences sexistes au travail, mutilations sexuelles, mariages forcés, prostitution… les violences que subissent les femmes encore aujourd’hui dans notre société sont multiples et touchent tous les milieux sociaux.
Elles sont à la fois graves… et banales, et c’est ce que rappelle l’ouvrage coordonné par Ginette Francequin, « Tu me fais peur quand tu cries » paru chez ERES en 2010. Ces violences trouvent leurs racines dans les rapports de domination inégaux entre les femmes et les hommes et s’inscrivent dans un processus d’apprentissage et de socialisation, des modèles de genre qu’hommes et femmes intériorisent partout dans le monde.
Les intervenants de différents pays montreront comment on peut tenter d’analyser les conflits pour prévenir la violence et lutter contre elle. Cette journée d’étude du 18 novembre 2011 s’inscrit de manière proche du 25 novembre, « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », proclamée par l’Organisation des Nations Unies en 1999.

Sujet limite – société limite

Jean-Michel Fourcade, auteur de « Les patients limites » Erès 2010 et « Les personnalités limites » Eyrolles 2011. Vincent de Gaulejac, auteur de « Qui est Je » (Seuil 2009), « Travail, les raisons de la colère » (Seuil, 2011)

Nicole Aubert, (sous la direction de) « L’individu hypermoderne » Erès 2004. Claudine Haroche « Les tyrannies de la visibilité ; être visible pour exister » Erès 2011.

12 octobre 2012

La nosographie psychiatrique des années 50 a pris conscience de la catégorie particulière que représentaient les « borderline ». Elle les a définis comme une construction déviante et pathologique par rapport à l’organisation psychique névrotique de l’homme « normal ». L’individu hypermoderne dont les auteurs du livre publié sous la direction de Nicole Aubert dressent le portrait présente les caractéristiques des personnalités limites. La construction psychique « limite » est aujourd’hui normale, en relation avec les mutations sociologiques, technologiques, éducationnelles de la société occidentale. Y a-t-il là une rupture anthropologique ?
Dans une société « liquide », les identités deviennent flottantes. La perte de repère conduit à réinterroger la fonction du symbolique. La question du sens devient centrale dans un monde vécu comme de plus en plus paradoxal. Face à ces incertitudes, la sociologie clinique cherche des réponses théoriques (comprendre les conséquences
sociopsychiques de ces « flottements) et pratiques (entre thérapie et intervention)

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